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Pâques sanglantes Giuseppe De Santis (1950)
mardi 20 octobre 2026, 19 h Théâtre des Variétés

Cinéma retrouvé

Première partie
L’instantané suivi d’un court métrage : Varsovie, quand même… de Yannick Bellon, 1954, 18 min

Histoire
Un soldat démobilisé de retour chez lui apprend qu’il a été dépouillé de ses moutons par un riche paysan, qui tente, de surcroît, de séduire sa fiancée. Le jeune homme prend le maquis et décide de punir le responsable de ses malheurs.

Générique
Non c’è pace tra gli ulivi.
Italie, 1950, noir et blanc, 103 min, vostf.
Réalisation : Giuseppe De Santis. Scénario : Libero De Libero, Giuseppe De Santis, Carlo Lizzani, Gianni Puccini. Avec : Raf Vallone (Francesco Dominici), Lucia Bosè (Lucia Silvestri), Folco Lulli (Agostino Bonfiglio), Maria Grazia Francia ( Maria Grazia), Angelina Chiusano (la mère de Bonfiglio).

Critique
C’est dans cette hybridation du néoréalisme à des formes populaires, cette volonté d’inscrire sa réflexion politique dans une énergie qui ne renoncerait nullement au spectacle et aux figures du divertissement qui distingue De Santis de ses pairs. Là où Rossellini ou De Sica recherchaient une forme d’épure, il en appelle au romanesque et aux séductions du cinéma de genre, comme s’il avait à cœur de rendre son propos accessible au peuple qu’il s’échine à montrer à l’écran.
Nathalie Dray, Libération, samedi 29 juin 2026, p. 25.

Giuseppe De Santis
1917 • 1997

Né à Fondi, région rendue célèbre par le roman de Moravia, La Ciociara, Giuseppe De Santis s’inscrit au Centro Sperimentale di Cinematografia de Rome et intègre dès 1940 la célèbre revue Cinema dans laquelle il s’illustre par des écrits très virulents contre un cinéma italien qu’il juge trop « officiel ». Il y côtoie Carlo Lizzani qui signera les scénarios de ses premiers films et Luchino Visconti, pour lequel il travaillera sur Ossessione. Tout de suite après la guerre, De Santis coordonne la réalisation d’un film collectif sur la résistance au fascisme, Jours de gloire (1945), et tourne trois films majeurs : Chasse tragique (1947), Riz amer (1949) et Pâques sanglantes (1950), trilogie inspirée de faits divers authentiques, qui témoigne des profondes préoccupations sociales et humaines du cinéaste, et de sa volonté de concilier des influences pour le moins contradictoires : la rigueur américaine et le lyrisme soviétique. Ce mélange de style est l’une des marques d’originalité qui distingue De Santis de ses confrères. La sensualité de son cinéma aussi, qui explose dans Riz amer : Silvana Mangano en short retroussé et bas noirs, pataugeant dans les rizières du Pô, offre une image d’un érotisme qui a largement construit le succès populaire du film, davantage encore que « l’essence intime de la réalité » que revendiquait le cinéaste et dont Onze heures sonnaient (1952), inspiré là encore d’un fait divers tragique, et tourné dans le milieu ouvrier romain, donne une meilleure illustration encore. Passée la vague néoréaliste, De Santis a vainement essayé de renouveler son inspiration et sa manière.
Vincent Vatrican

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