Histoire
Charlot est ouvrier dans une usine. Il travaille sur une chaîne à serrer des boulons mais il est incapable de suivre le rythme infernal imposé aux équipes par le patron. Comble de malchance : c’est lui qui est choisi pour essayer la « machine à manger » individuelle, un prototype destiné à améliorer encore le rendement des ouvriers.
Générique
Modern Times. États-Unis, 1936, noir et blanc, 88 min., vostf.
Réalisation et scénario : Charles Chaplin. Avec : Charles Chaplin (le vagabond), Paulette Goddard (la gamine), Henry Bergman (le propriétaire du café), Stanley J. Sandford (le compagnon de chaîne), Chester Conklin (le mécanicien), Hank Mann (le voisin de cellule).
Critique
Le rire chez Chaplin vient à la fois du plus profond du sujet (la société vue comme lieu privilégié du triomphe des masques et des faux-semblants) et d’une rare virtuosité à employer ou à refuser telle ou telle technique (ici la sonorisation utilisée contre le dialogue). […] Les Temps modernes apparaît comme le film le plus dynamique et le plus serein de l’auteur. L’individu y est certes, par essence, la victime de la société mais c’est une victime qui peut à l’occasion se moquer de ce qui l’opprime en passant à travers les mailles du filet et les rouages de la machine.
Jacques Lourcelles, Dictionnaire des films, Bouquins éditions, 2022, p. 1152.
Charles Chaplin
1889 • 1977
Enfant de la balle – ses parents étaient artistes de music-hall –, Charles Chaplin doit très jeune trouver seul ses moyens de subsistance sur les planches entre une mère internée régulièrement en asile psychiatrique et un père alcoolique, mort d’une cirrhose à l’âge de 38 ans alors que son fils n’en avait que 12. Vedette d’une troupe partie en tournée en Amérique du Nord, Chaplin est invité à intégrer le studio Keystone en 1914. Le personnage qu’il crée, Charlot, fait de lui une des premières stars internationales du cinéma. Loin de tout manichéisme, avec une dimension sociale – voire politique – prégnante, une psyché parfois débridée, un humus d’enfance, la complexité humaine croissante de son personnage de vagabond continue de donner du grain à moudre à bien des analystes. Mais derrière l’icône Charlot et ce qu’elle suscite, depuis les produits dérivés jusqu’à l’admiration de nombreux autres artistes, il y a Chaplin, véritable homme-orchestre, acteur, auteur, réalisateur ambitieux et méticuleux, qui devient son propre producteur à partir de 1922 et plus tard encore le compositeur des musiques de ses films. Son exigence extrême, alliée à son indépendance, a fait qu’après les 70 films courts réalisés entre 1914 et 1923, il n’ait signé qu’une poignée de longs métrages, mais qui tous ont marqué leur temps et acquis le statut de classiques.
Jacques Kermabon