Première partie
L’instantané issu des collections de l’Institut
Histoire
À Chicago, Frankie revient dans son quartier après un séjour dans un centre de désintoxication. Il rêve de refaire sa vie comme musicien de jazz. Mais il reprend son métier de croupier et se laisse vite entraîner par de mauvaises fréquentations.
Générique
The Man with the Golden Arm. États-Unis, 1955, noir et blanc, 119 min, vostf
Réalisation : Otto Preminger. Scénario : Walter Newman, Lewis Meltzer, Ben Hecht d’après le roman The Man with the Golden Arm de Nelson Algren. Avec : Frank Sinatra (Frankie Machine), Kim Novak (Molly), Eleanor Parker (Zosch Machine), Arnold Stang (Sparrow), Darren McGavin (Louie), Robert Strauss (Schwiefka), George Mathews (Williams).
Critique
Coup de tonnerre à Hollywood : bravant le Code Hays, L’Homme au bras d’or est le premier film à évoquer l’enfer de la drogue, avec un réalisme violent. […] La partition jazz d’Elmer Bernstein est sublime, Frank Sinatra, au jeu instinctif, est à son sommet, bouleversant. Une liberté de ton, un témoignage précis comme un documentaire, traversé de poésie sourde, et toujours, chez Preminger, la volonté de traiter des sujets sensibles, sans jugement aucun.
© Cinémathèque française
Otto Preminger
1905 • 1986
Avec une poignée d’autres metteurs en scène de la Mitteleuropa, formés à l’école du théâtre, Otto Preminger a construit le cinéma américain. Le point de départ de sa carrière cinématographique, c’est Laura (1944), film de studio, génial et programmatique : la fascination qu’exerce sur le spectateur la dramaturgie, l’élégance et la précision de la mise en scène, l’interprétation impeccable sont parmi les constantes essentielles de l’œuvre à venir. À partir de 1953, Preminger délaisse les variations sur le film noir où il fait merveille et s’illustre dans presque tous les genres du cinéma, tout en s’intéressant aux « grands sujets » à caractère social, historique ou politique, qu’il aborde comme une manière de défier sa propre maîtrise de l’espace et de la technique. Derrière les drames et les épopées, il y a toujours chez Preminger le théâtre de la parole, de la discussion, du débat, l’importance accordée à l’individu. Au début des années 1960, le cinéaste devient l’idole d’un club fermé de cinéphiles, les « mac-mahoniens », qui portent aux nues le « goût de la beauté », le réalisme lucide de ses films. Rien ne semble plus opposé par exemple qu’Autopsie d’un meurtre (1959) ou Exodus (1960) mais la tension de l’intrigue, la précision des images, la quête de la vérité les font se rejoindre. En sorte que Preminger reste peut-être, du haut de ses nombreux chefs-d’œuvre, un cinéaste « moderne » parmi les classiques.
Vincent Vatrican