Générique
France, République tchèque, Allemagne, 2020, couleur, 84 min
Réalisation : Florence Miailhe. Scénario et dialogues : Marie Desplechin, Florence Miailhe. Avec : Émilie Lan Dürr (la voix de Kyona), Florence Miailhe (la voix de Kyona, âgée), Maxime Gémin (la voix d’Adriel), Arthur Pereira (la voix d’Iskender), Serge Avédikian (la voix de Jon), Axel Auriant (la voix d’Erdewan), Jocelyne Desverchère (la voix de Florabelle della Chiusa).
Histoire
Un village pillé, une famille en fuite et deux enfants perdus sur les routes de l’exil… Kyona et Adriel tentent d’échapper à ceux qui les traquent pour rejoindre un pays au régime plus clément. Au cours d’un voyage initiatique qui les mènera de l’enfance à l’adolescence, ils traverseront de multiples épreuves, à la fois fantastiques et bien réelles pour atteindre leur destination.
Critique
Quand, il y a dix ans, Florence Miailhe et Marie Desplechin ont commencé à imaginer cette histoire de migrants, la tragédie des déplacements de populations n’avait pas encore pris la place brûlante qu’elle occupe aujourd’hui dans la réalité et les esprits, et sur les écrans. La force de La Traversée est de ne pas demeurer ancrée dans une anecdote déjà datée, une story trop bordée, mais de tendre vers la fable, l’universel, un imaginaire transcendé par la matière picturale.
Jacques Kermabon, Blink Blank n° 1, janvier 2020, p. 110.
Florence Miailhe
Née en 1956
Diplômée de l’École nationale des arts décoratifs, Florence Miailhe débute comme maquettiste pour la presse, expose des dessins et des gravures. Son premier court métrage, Hammam (1991), révèle un univers chatoyant, une palette de teintes vives, une touche personnelle et tout un art de créer des images en mouvement à base de peinture, de pastel ou de sable, directement sous la caméra. Alors que le dessin animé repose sur une succession de dessins photographiés les uns après les autres, chez Miailhe, l’image est peinte, prise en photo, puis la réalisatrice appose sur cette surface quelques touches qui modifient insensiblement l’image, enregistrée à nouveau. Pour le dire sommairement, chaque intervention picturale efface un peu de l’image précédente tout en laissant en partie visible la trace de ces métamorphoses, créant ainsi une vibration particulière de couleurs et de matières. Ses films ont reçu de nombreux prix, dont le César du meilleur court métrage en 2002 (Au premier dimanche d’août) et une mention spéciale au festival de Cannes en 2006 pour Conte de quartier. Un Cristal d’honneur pour l’ensemble de son œuvre lui a été décerné en 2015 à l’occasion du 39e Festival international du film d’animation d’Annecy et Papillon, Ours de cristal à la Berlinale (2024), a été nommé dans la catégorie meilleur court métrage d’animation aux Oscar 2026.
Jacques Kermabon