Jugé trop insolent, Peter Warne est renvoyé du journal qui l’emploie. Il rencontre dans un bus Ellie Andrews, la fille d’un riche banquier qui a décidé d’aller rejoindre et épouser King Westley, malgré l’avis défavorable de son père. Ce dernier lance des détectives sur les traces de sa fille, sans succès. Peter et Ellie deviennent amis et poursuivent la route ensemble.
It Happened One Night, États-Unis, 1933, noir et blanc, 105 min., vostf.
Réalisation : Frank Capra. Scénario : Robert Riskin d’après le récit Night Bus de Samuel Hopkins Adams. Avec : Clark Gable (Peter Warne), Claudette Colbert (Ellie Andrews), Walter Connolly (Alexander Andrews), Roscoe Karns (Oscar Shapeley).
La richesse de l’intrigue, la spontanéité des acteurs n’empêchent pas le film d’être bâti sur deux types de personnages absolument conventionnels : le journaliste culotté et sûr de lui qu’on a vu dans des dizaines de films américains de l’époque, l’héritière gâtée et ignorante des dures réalités de la vie. L’habileté de Capra consiste à les transformer en citoyens moyens, à leur attribuer des réactions voisines de celles de Monsieur tout-le-monde et à les rendre ainsi infiniment proche du public.
Jacques Lourcelles, Dictionnaire des films, Des origines à 1950. Bouquins éditions, Paris, 2022.
Frank Capra
1897 • 1991
La sincérité de Capra, qu’on a parfois décriée, tient tout entière dans son style : une bonne dose d’intelligence, un zeste d’utopie, quelques larmes à l’œil, un trait d’ironie, et enfin et surtout beaucoup d’humanité. Voilà ce qui fait le succès des grandes fables sociales que sont New York Miami (1933), L’Extravagant Mr Deeds (1936), Monsieur Smith au Sénat (1939) ou L’Homme de la rue (1941). Des films à la structure toujours originale où Capra, excellent directeur d’acteurs, est en équilibre constant entre la mécanique d’une intrigue qu’il doit se résoudre à faire avancer et le portrait de groupe dont il s’attarde à dessiner avec précision chacun de ses composants. L’émotion et le rire naissent chez lui du traitement implacable d’un scénario à la ligne claire et dénué de toute ambiguïté qui s’évertue à démêler le bien du mal, à vilipender l’égoïsme et le pouvoir, pour faire croire à chacun d’entre nous que la « vie est belle ».
Vincent Vatrican