À l’annonce du mariage du prince Rainier III et de Grace Kelly à Monaco, les propositions de « cinématographier » l’événement affluent. En février 1956, depuis les États-Unis, le souverain prend sa décision : « un film, et un seul, en couleur et cinémascope, sera réalisé par les soins de la Principauté ».
Pour faciliter le travail des quelque mille huit cents journalistes, venus des quatre coins du globe pour couvrir le « mariage du siècle », une maison de la presse est installée sur le Rocher. L’accès aux festivités répond à un dispositif strict, l’exiguïté des lieux ne permettant pas d’accueillir tous les participants et notamment les photographes. La mutualisation des images est de rigueur. De leur côté, Radio Monte-Carlo et Télé Monte-Carlo assurent, en Eurovision, la réalisation et la retransmission des cérémonies, pour trente millions de téléspectateurs. Les cinéastes amateurs ne sont pas en reste : caméras au poing, ils rendent compte de la ferveur de toute une population.
Monaco devient aussi un plateau de cinéma, où s’affairent Jean Masson et son assistant Jacques Demy, pour réaliser et monter, en un temps record, les prises de vues d’une chronique en couleurs, Le Mariage de Monaco, réalisée par « autorisation spéciale ». Produit par une société monégasque, la C.I.T.E.L., le film est visible dès le 2 mai 1956 sur les écrans français, distribué par la firme Pathé, tandis que M.G.M. assure son exploitation sur le continent américain. Resté invisible depuis lors, le film vient d’être restauré, en laboratoire, par le Palais de Monaco et l’Institut audiovisuel.
Offerts à la curiosité du visiteur, films, photographies, archives, appareils retracent l’histoire de cette production unique, et détaillent le dispositif médiatique d’un événement qui a changé le visage de la Principauté.
Estelle Macé, Vincent Vatrican
Du 6 juillet 2026 au 26 février 2027
Prêts et sources : Adelman Images, LP – Archives du Palais de Monaco – AP Newsroom – Centre National du Cinéma et de l’image animée / Cinémathèque française – Christian Giordan – Ciclic / Centre-Val de Loire – Cinémathèque de Nouvelle-Aquitaine -C.I.T.E.L. – Fonds Régional / Mairie de Monaco – Gaumont Pathé Archives – Getty Images – Institut audiovisuel de Monaco – Institut national de l’audiovisuel – Luce Cineccità – Médiathèque Caroline / Mairie de Monaco – Ministère de la Culture (France), MPP – AAJHL – National Archives and records Administration – Normandie Images – Paris Match / Scoop – Edward Quinn Archives – Radio Monte Carlo – Société des bains de mer – Télé Monte-Carlo.
Fonds de films amateurs conservés à l’Institut audiovisuel de Monaco : Gérard Arnaldi, Richard Batritchevitch, Michel Bozzone, Jean-Marc Boyer, Jean-Charles Curau, Alain Dozo, Marie-Christine Forestier, Ginette Frolla, Simone Pallanca, Lucien Ratti, David Rey, Adrien Viviani.