Histoire
Paris est transformé en labyrinthe de buildings ultramodernes, halls vitrés et manèges d’autobus. Tandis qu’un groupe de touristes américains débarque à Orly, Hulot a rendez-vous dans une tour truffée d’ascenseurs et de bureaux-cubes avec un inaccessible PDG.
Générique
France,1964, couleur, 125 min.
Réalisation : Jacques Tati. Scénario : Jacques Tati, Jacques Lagrange. Dialogues : Art Buchwald, Jacques Lagrange, Jacques Tati. Avec : Jacques Tati (Monsieur Hulot), Barbara Dennek (la jeune étrangère), Jacqueline Lecomte (l’amie de la jeune étrangère), Valérie Camille (la secrétaire de Monsieur Lacs), France Rumilly (la vendeuse de lunettes), Reinhardt Kolldehoff (le directeur allemand), France Delahalle (la cliente).
Critique
Sans avoir forcément le goût du paradoxe, on peut préférer la grande lucidité des trois derniers films de l’auteur (Playtime, Trafic, Parade), au charme, plus innocent, des trois premiers (Jour de fête, Les Vacances de monsieur Hulot, Mon oncle) ou du moins considérer que, dans la trajectoire parfaite que trace sa filmographie, Playtime forme un sommet indépassable. (…) Dans Playtime, un équilibre imprévu s’opère où le génie du dessinateur Tati investit et rivalise de l’intérieur avec le stylisme et le design industriel des années 60. On est alors au-delà de la satire sociale, dans la réinvention du monde.
Patrice Blouin in Cahiers du cinéma n° 568, mai 2002, p. 46.
Jacques Tati
1907 • 1982
Rugbyman, joueur de tennis, remarquable cavalier, Jacques Tati est un sportif émérite. Il découvre aussi assez jeune son talent de comique. Des soirées où il amuse ses camarades de jeux aux planches du musical, il n’y a qu’un pas qu’il franchit allègrement. Devenu un mime reconnu, c’est avec le titre de vedette qu’il fait ses premiers pas au cinéma. Couve néanmoins en lui un talent de créateur du septième art qui éclate avec Jour de fête (1948), tourné au rebours du tout-venant du cinéma de l’époque : en décor naturel, avec des acteurs non professionnels, et sans offrir de prépondérance, ni au dialogue, ni à la construction d’une histoire élaborée. Son succès le pousse à aller plus loin et il crée un personnage décalé à la silhouette stylisée dans Les Vacances de Monsieur Hulot (1951). Il est alors comparé aux grands du burlesque, genre auquel il donne effectivement une nouvelle dimension, riche des capacités sonores du cinéma. Quoique n’ayant réalisé que six longs métrages, Jacques Tati appartient à ces rares cinéastes qui ont su renouveler l’expression de l’art cinématographique sans jamais cesser d’être populaire. Chaque réédition de ses films le confirme.
Jacques Kermabon