logo
Occupe-toi d’Amélie Claude Autant-Lara (1949)
mercredi 28 janvier 2026, 20 h Théâtre Princesse Grace

Label « Théâtre et Cinéma » en partenariat avec le Théâtre Princesse Grace

En première partie, un instantané issu des collections de l’Institut.

Étienne entretient la ravissante cocotte Amélie d’Avranches. Son ami Marcel Courbois, amant d’une femme mariée, l’ancienne patronne d’Amélie, ne pourra toucher un héritage que lorsqu’il sera marié. Un faux mariage est organisé.

France, 1949, noir et blanc, 92 min.
Réalisation : Claude Autant-Lara. Adaptation et dialogues : Pierre Bost et Jean Aurenche d’après la pièce de Georges Feydeau. Avec : Danielle Darrieux (Amélie), Jean Desailly (Marcel), Louise Conte (Irène), Julien Carette (Pochet), Marcelle Arnold (la dame en mauve), André Bervil (Étienne), Lucienne Granier (Palmyre), Grégoire Aslan (le prince).

Ce qui frappe immédiatement en revoyant le film, c’est que tout y est montré sans que rien n’y soit dit. […] Ici, l’astuce de la construction, la beauté discrète des décors, la musique allègre de Cloëtec, les costumes intelligents et gracieux, les passages du théâtre au cinéma en aller-retours grandioses, le rythme jamais emprunté des séquences font exploser la pièce de Feydeau en mille éclats de rire sans altérer la critique sociale.
Paul Vecchiali, L’Encinéclopédie, Tome II, Éditions de l’œil, 2010, p. 54

Claude Autant-Lara
1901 • 2000

Né dans un environnement artistique avec un père architecte et une mère sociétaire de la Comédie-Française, Claude Autant-Lara a connu des débuts laborieux. Longtemps décorateur, il peine à convaincre en tant que réalisateur avant Le Mariage de Chiffon (1941). Devenu un cinéaste populaire, il enchaîne, non sans controverses, les succès publics et critiques : Sylvie et le fantôme (1946), Le Diable au corps (1947), Le Blé en herbe (1954), Le Rouge et le Noir (1954). Ses réalisations sont de celles que la verve critique de François Truffaut épingle dans son fameux article « Une certaine tendance du cinéma français » (Cahiers du cinéma, n° 31, janvier 1954) comme des films de scénaristes se complaisant dans une certaine noirceur et des audaces faciles. La Nouvelle Vague relègue ce cinéma de studio, cette « qualité française » dans les miasmes du passé. Le réalisateur de La Traversée de Paris (1956) en conservera une rancune tenace. Un temps président de la Fédération nationale du spectacle CGT (1954-1963), Autant-Lara est élu en 1989 au Parlement européen sous la bannière Front national. Il considérait, à juste titre, Occupe-toi d’Amélie ! comme son meilleur film.
Jacques Kermabon

ALLER PLUS LOIN