Interrogée par l’inspecteur Peterson, Mildred Pierce s’accuse du meurtre de son second mari, relate aux policiers ses démêlés avec son premier époux, Bert, veule et incapable, ses efforts pour acquérir un semblant de respectabilité et mériter l’amour de sa fille Veda, une adolescente égoïste et arriviste.
Mildred Pierce • États-Unis • 1944 • Noir et blanc • 113 min.
Réalisation : Michael Curtiz • Scénario : Ranald MacDougall d’après le roman Mildred Pierce de James M. Cain • Avec : Joan Crawford (Mildred Pierce), Jack Carson (Wally Fay), Zachary Scott (Monte Beragon), Eve Arden (Ida Corwin), Ann Blyth (Veda Pierce), Bruce Bennett (Bert Pierce).
Moitié mélo, moitié film noir, Le Roman de Mildred Pierce reflète bien les ambiguïtés morales de l’immédiat après-guerre. La femme indépendante, dont le cinéma hollywoodien célébrait un peu plus tôt les mérites, se transforme ici en victime. (…) Un des films les plus incisifs de Michaël Curtiz, qui relança la carrière de Joan Crawford (elle obtint un Oscar), métamorphosant celle-ci en « femme de tête ». Une image à laquelle la star ne tardera pas à s’identifier dans la vie personnelle.
Olivier Eyquem, Dictionnaire mondial des films, Larousse / Vuef, Paris, 2002.
Michael Curtiz
1886 • 1962
Né à Budapest, au cœur d’une Europe meurtrie par les conflits et les révolutions, Mihály Kertész participe aux débuts du cinéma hongrois, se fait remarquer comme auteur de films historiques à grand spectacles et rejoint les États-Unis en 1926, acceptant l’offre des frères Warner de devenir le fer de lance de leur studio, pour concurrencer les productions florissantes de la Paramount. Sous la bannière exclusive de Warner Bros, et un nouveau patronyme, Michaël Curtiz réalise jusqu’à 1953, plus de quatre-vingts films, appartenant aux genres les plus divers, du mélodrame au fantastique, du thriller au western, de la biographie romancée à la comédie sentimentale, avec des résonances sociales inattendues, teintée parfois d’un romantisme de bon aloi. Cette carrière exceptionnelle, avec des hauts et des bas, des scénarios rarement choisis, mais un sens maitrisé de l’action, est portée par les plus grandes vedettes du moment, et notamment le charismatique Errol Flynn, héros charmeur et bondissant, archétype d’un cinéma juvénile et exaltant qui aime défendre la veuve et l’orphelin. Captain Blood (1935), La Charge de la brigade légère (1936), Les Aventures de Robin des Bois (1937), Les Conquérants (1938), La Caravane héroïque (1939), L’Aigle des mers (1940), pour ne citer qu’elles, demeurent encore aujourd’hui, des épopées flamboyantes qu’on ne se lasse jamais de revoir.
Vincent Vatrican