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La Ragazza Luigi Comencini (1963)
mardi 7 avril 2026, 19 h Théâtre des Variétés

Film restauré

En présence d’un représentant du laboratoire Cinecittà qui a assuré la restauration

Nous sommes en Italie, au lendemain de la Libération. Mara, jeune femme pleine de vie, habite avec sa famille à Monteguidi, en Toscane. Un ancien maquisard, Bube, vient à la ferme annoncer la mort du fils aîné, Sante. Bube est un garçon dur et renfermé. Dans le maquis, il s’était chargé des expéditions punitives, ce qui lui valut le surnom de « Vengeur ». Mara et Bube s’éprennent l’un de l’autre. Mais la guerre laisse dans les cœurs des séquelles de violence.

La Ragazza di Bube, Italie, France, 1963, noir et blanc, 111 min., vostf.
Réalisation : Luigi Comencini. Scénario : Luigi Comencini, Marcello Fondato, d’après le roman La Ragazza di Bube de Carlo Cassola. Avec : Claudia Cardinale (Mara Castellucci), George Chakiris (Arturo Cappellini, dit Bube), Marc Michel (Stefano), Emilio Esposito (le père de Mara), Carla Calò (la mère de Mara), Dany Paris (Liliana).

La fille, Mara, c’est Claudia Cardinale. […] Elle a su donner au personnage toutes les nuances contradictoires d’une femme en litige entre deux hommes, et rendre sensibles les intentions symboliques des auteurs : entre deux images de la classe ouvrière, celle de la productivité et du miracle économique confortable et celle du soulèvement armé, c’est cette dernière qui fascine encore le plus par sa sauvagerie généreuse et son romantisme fauve.
Marcel Oms, Positif n° 69, mai 1965, p. 72.

Luigi Comencini
1916 • 2007

Après la guerre, Luigi Comencini tourne un premier film très remarqué, De nouveaux hommes sont nés (1948), sur l’enfance délinquante à Naples. Mais, c’est au début des années soixante, avec La Grande Pagaille (1960), À cheval sur le tigre (1961) ou La Ragazze di Bube (1963), que Comencini commence à proposer une lecture lucide et décapante de la société italienne, et avec L’Incompris (1966), drame sur l’enfance d’une grande sensibilité, que l’on voit en lui un véritable auteur dont l’œuvre trouve sa cohérence, en dépit de certaines facilités. En quarante ans de carrière, Comencini a donné au cinéma une dizaine de films remarquables, ce qui n’est déjà pas si mal, et parmi eux : Casanova, un adolescent à Venise (1969), Les Aventures de Pinocchio (1971), L’Argent de la vieille (1972), Eugenio (1979), films qui tiennent à la fois de la fable sociale et du roman d’éducation. On sait combien le thème de l’enfance non seulement habite l’œuvre mais la traverse de part en part : il s’agit pour Comencini de redonner à l’enfant le beau rôle, de dénoncer la solitude, l’abandon, l’injustice dont il est la victime. L’enseignement qu’entendent prodiguer ses films est celui de la fraternité, de la révolte, de la désobéissance civile devant les lois absurdes de la société, de la solidarité avec les défavorisés. Un point de vue qui rappelle celui d’un Vittorio De Sica, dont Comencini fut d’une certaine manière l’héritier.
Vincent Vatrican