Première partie
L’instantané suivi d’un court métrage : Soigne ton gauche de René Clément, 1936, 12 min.
Histoire
C’est jour de fête à Sainte-Sévère : les forains débarquent avec des roulottes, un manège et même un cinéma ambulant pour montrer aux villageois impressionnés un documentaire sur les méthodes modernes de la Poste en Amérique. Avec son vieux vélo et sa simple détermination, François le facteur va tout faire pour imiter ses homologues américains.
Générique
France, 1947, noir et blanc, 87 min
Réalisation : Jacques Tati. Scénario : Jacques Tati, Henri Marquet. Collaboration au scénario : René Wheeler. Dialogues : René Wheeler, Henri Marquet, Jacques Tati. Avec : Jacques Tati (François, le facteur), Guy Decomble (Roger, le forain), Paul Frankeur (Marcel, le forain), Delcassan (La commère), Santa Relli (la femme de Roger), Maine Vallée (Jeannette), Jacques Beauvais (le cafetier), Roger Rafal (le coiffeur).
Critique
Ce premier long métrage de Jacques Tati a surpris et comblé les critiques et les spectateurs qui ne s’attendaient pas à voir ressusciter d’aussi belle manière un genre réputé ingrat : le burlesque. Avec peu de moyens et beaucoup d’idées, Tati a fait coup double en inventant une série de gags visuels et sonores devenus légendaires et en retrouvant la poésie simple et directe d’un cinéma à visage rural.
Gilbert Salachas, Télérama n° 2289, 25 novembre 1992, p. 185.
Jacques Tati
1907 • 1982
Rugbyman, joueur de tennis, remarquable cavalier, Jacques Tati est un sportif émérite. Il découvre aussi assez jeune son talent de comique. Des soirées où il amuse ses camarades de jeux aux planches du musical, il n’y a qu’un pas qu’il franchit allègrement. Devenu un mime reconnu, c’est avec le titre de vedette qu’il fait ses premiers pas au cinéma. Couve néanmoins en lui un talent de créateur du septième art qui éclate avec Jour de fête (1948), tourné au rebours du tout-venant du cinéma de l’époque : en décor naturel, avec des acteurs non professionnels, et sans offrir de prépondérance, ni au dialogue, ni à la construction d’une histoire élaborée. Son succès le pousse à aller plus loin et il crée un personnage décalé à la silhouette stylisée dans Les Vacances de Monsieur Hulot (1951). Il est alors comparé aux grands du burlesque, genre auquel il donne effectivement une nouvelle dimension, riche des capacités sonores du cinéma. Quoique n’ayant réalisé que six longs métrages, Jacques Tati appartient à ces rares cinéastes qui ont su renouveler l’expression de l’art cinématographique sans jamais cesser d’être populaire. Chaque réédition de ses films le confirme.
Jacques Kermabon