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LA SAISON 2025-2026

La comédie américaine

Machine à rêves, le cinéma a toujours cherché à s’épanouir dans l’art de l’illusion et les jeux de miroirs, dont la comédie américaine a su merveilleusement traduire fantaisies et débordements.

Sur un schéma semblable à celui de La Dame du vendredi d’Howard Hawks (1939), Indiscrétions de George Cukor (1940) s’ouvre sur la rupture d’un couple auquel le film offre ensuite toutes les chances de se reconstituer, au prix d’un scénario tout en arabesques, donnant à penser que le bonheur, plutôt qu’une ligne droite, est un chemin sinueux, une boucle qui se referme sur elle-même. La quête amoureuse est au cœur de l’œuvre de Cukor, cinéaste raffiné fortement influencé par la scène théâtrale, qui a su magnifier la continuité de Broadway dans le modèle hollywoodien. Ses comédies des années trente font parfois songer à Guitry, par leurs dialogues ciselés et brillants, l’élégance d’une mise en scène où le jeu des apparences est toujours en éveil. Elles savent mélanger différents niveaux de lecture, dont le décalage crée un comique de situation très subtil. Il y a mieux encore : chez Cukor, la femme est toujours, selon le mot d’Aragon, l’avenir de l’homme. Et pour l’incarner, qui mieux que Katharine Hepburn ? Cette jeune fille rousse, qui dans Sylvia Scarlett (1935) devait se déguiser en homme pour devenir femme, doit prouver cette fois qu’elle peut devenir, plus simplement que la reine ou la déesse d’une haute société tournée en dérision, un être humain. Pensive, mutine, Hepburn sait jouer si subtilement l’ivresse d’un moment arrosé de champagne qu’autour d’elle les hommes en perdent toute mesure. Ici, la maîtrise du tempo est au service d’une joyeuse bousculade des sexes, des âges et des rôles, pour retrouver l’innocence subversive de l’enfance.

Nulle équivoque, aucun trompe-l’œil en revanche chez Maurice Pialat, cinéaste des passions exacerbées et des colères froides, où les hommes et les femmes se chamaillent sans jamais se réconcilier, en proie à une forme de souffrance enfouie, un mal de vivre lointain qui ne tolère ni tendresse, ni pardon. Chez Pialat, un acteur n’interprète jamais un personnage c’est au contraire le personnage qui pénètre en lui, l’habite, lui prête vie. Sous le soleil de Satan (1987) en donne une magistrale illustration. Cette adaptation du roman de Georges Bernanos n’est pas seulement le combat de l’abbé Donissan contre les forces du Mal, mais un combat physique pour exister, contre soi, contre la lourdeur du corps et sa maladresse fondamentale. Dans cette lutte inégale, à la recherche d’une lumière intérieure, Gérard Depardieu apparaît désarmé, sans repères, rongé par le doute et l’infinie solitude, travaillé par les mots brûlants du texte, comme possédé par lui. On le sait, le roman a été réadapté, retaillé, coupé au rasoir, pour n’en garder que des fragments, sans repère temporel, dans un travail de concision, qui loin de trahir l’œuvre, exacerbe la langue de Bernanos, à la fois lyrique, rugueuse et tranchante. Il y a du Renoir dans ce Pialat tellurique, un réalisme minéral qui fait écho à un certain cinéma français des années trente, celui de La Bête humaine.

Entre tourments et allégresse, ainsi va la vie. Le cinéma aussi.

Jacques Kermabon et Vincent Vatrican

Les invités de la saison

Les films de la saison

Les archives de la saison des « Rendez-vous de la Petite salle » sont accessibles ici et celles des séances « Spéciale Famille » sur ce lien.

La Danseuse

dimanche 21 décembre 2025, 11 h
Grimaldi Forum

Label « Danse et Cinéma » en partenariat avec les Ballets de Monte-Carlo

New York-Miami

mardi 6 janvier 2026, 19 h
Théâtre des Variétés

Précédé d’un court métrage et d’un instantané issu des collections de l’Institut

Cycle « La comédie américaine »

La Garçonnière

mardi 16 décembre 2025, 19 h
Théâtre des Variétés

Cycle « Comédie américaine »

Présentation des films de la 2e période de la saison

Des jazz au cinéma

lundi 24 novembre 2025, 20 h 30
Salle Garnier

Label « Jazz et Cinéma » en partenariat avec le Monte-Carlo Jazz Festival

La Maison et le Monde

mardi 13 janvier 2026, 19 h
Théâtre des Variétés

Lili Marleen

mardi 2 décembre 2025, 19 h
Théâtre des Variétés

Précédé d’un instantané issu des collections de l’Institut

La leçon de cinéma de Nicolas Philibert

lundi 26 janvier 2026, 18 h 30
Théâtre des Variétés

Dans le cadre de la saison de conférences de la Fondation Prince Pierre de Monaco.
En présence du cinéaste.

Occupe-toi d’Amélie

mercredi 28 janvier 2026, 20 h
Théâtre Princesse Grace

Label « Théâtre et Cinéma » en partenariat avec le Théâtre Princesse Grace

Indiscrétions

mardi 3 février 2026, 19 h
Théâtre des Variétés

Précédé d’un court métrage et d’un instantané issu des collections de l’Institut

Cycle « La comédie américaine »

Sous le soleil de Satan

mardi 10 février 2026, 19 h
Théâtre des Variétés

Label « De l’écrit à l’écran » en partenariat avec l’Alliance français Monaco

Septembre sans attendre

mardi 17 février 2026, 19 h
Théâtre des Variétés

Précédé d’un court métrage et d’un instantané issu des collections de l’Institut

Ulysse

vendredi 6 mars 2026, 20 h
Théâtre des Variétés

Label « Monaco et la Méditerranée » en partenariat avec les Rencontres internationales Monaco et la Méditerranée